Vivre la transition
Ce que révèle une enquête participative sur l’écologie du quotidien et la justice sociale
Pourquoi la transition écologique, pourtant soutenue, reste-t-elle si difficile à vivre dans de nombreuses communes ? À quelques semaines des élections municipales, c’est à cette question que nous avons voulu répondre, en partenariat avec le Laboratoire de la Fabrique de Pensée Critique (LFPC).
Pour mener notre enquête, nous avons donné la parole à près de 15 000 personnes dans le cadre de notre grande consultation portant sur l’écologie du quotidien dans leur commune.
Se déplacer, se loger, se nourrir, préserver son cadre de vie, participer aux décisions locales, autant de dimensions très ordinaires, et pourtant décisives, de la transition écologique. Grâce aux réponses collectées, nous avons dressé un état des lieux des besoins et des freins à des pratiques plus durables, dans une diversité de territoires représentatifs des communes (urbaines, périurbaines et rurales) dans lesquelles sont réparties les Françaises et les Français.
1. Résultats
Les résultats sont clairs. Tous les aspects de l’écologie du quotidien ne sont pas vécus de la même manière. Notre enquête donne à voir une hiérarchie des attentes. Ainsi, la participation citoyenne (82 %), le logement (80 %) et les transports (73 %) regroupent le plus grand nombre de personnes insatisfaites ou peu satisfaites. Cette insatisfaction se trouve par ailleurs inégalement répartie sur le territoire.
Les cartographies issues des résultats permettent d’identifier une fracture territoriale, avec des insatisfactions plus marquées sur ces sujets à mesure que l’on s’écarte des grands centres urbains.
Niveau de satisfaction par sujet, selon le type de commune :
La mobilité est considérée comme durable lorsqu’il est possible de choisir des modes de déplacements peu ou pas émetteurs de gaz à effet de serre (GES), tels que les transports en commun, la voiture électrique, le covoiturage, le vélo ou la marche.
La participation citoyenne regroupe l’ensemble des démarches permettant aux habitantes et habitants de s’exprimer, d’échanger et de contribuer aux décisions locales, dans un climat de confiance, d’écoute et de reconnaissance de leur rôle dans la construction des politiques publiques.
Le logement est dit durable lorsque sa conception (matériaux, aménagement) et ses usages (consommation, énergie) permettent l’amélioration du cadre de vie des personnes et contribuent à s’adapter au changement climatique.
Un cadre de vie de qualité repose à la fois sur la présence d’espaces naturels et agréables à vivre à proximité et sur l’absence de nuisances qui dégradent le quotidien (comme la pollution, le bruit ou une urbanisation excessive).
Une consommation alimentaire durable et respectueuse de l’environnement consiste à réduire la part des produits à base de viande et/ou ultra-transformés au profit d’alternatives (notamment végétales) qui sont bio, locales et/ou de saison.
Sources : Grille de densité 2025 (INSEE, juillet 2025), Admin express (IGN, janvier 2026), Enquête participative sur l'écologie du quotidien et la justice sociale (Greenvoice, janvier 2026).
Réalisation : Greenpeace France, janvier 2026.
2. Analyses
Ces résultats mettent en lumière cinq dimensions clés du vécu de la transition écologique par les Françaises et les Français, autant de grilles de lecture pour repenser la manière dont la transition écologique se déploie aujourd’hui :
1. Ce n’est pas l’écologie qui est rejetée, ce sont ses conditions de mise en œuvre
Les domaines les plus mal évalués sont ceux qui dépendent directement de décisions collectives et locales. Cette observation démontre que les difficultés rencontrées ne résultent pas d’un backlash écologique mais d’une inadéquation entre aspirations et moyens concrets.
2. Le code postal pèse plus que les convictions
La transition est vécue comme plus contraignante en milieu rural, faute d’alternatives accessibles. Seules 12 % des personnes vivant en ruralité sont satisfaites de l’offre de transport. La transition n’apparaît pas dès lors comme un choix réellement applicable par tous les Français et toutes les Françaises.
3. On ne peut pas changer sans solutions à portée de main
L’absence d’offre arrive très largement en tête des freins cités. Cette carence structurelle précède et conditionne tout changement de comportement.
4. Sans transition juste, la démocratie locale s’affaiblit
La participation citoyenne émerge comme le point le plus critique de l’enquête. Un cri d’alerte qui illustre toute la difficulté à pouvoir agir sur son quotidien.
5. La transition se joue dans les communes
Transports, logement, dialogue citoyen, les leviers clés relèvent de l’échelle locale. Cette échelle locale apparaît ainsi comme le terrain privilégié, et trop souvent négligé, de la transition écologique.
3. Agir
Cette enquête invite à changer de regard sur la façon dont est vécue la transition écologique. Elle montre que l’enjeu n’est plus de convaincre de son importance, mais de créer les conditions concrètes pour qu’elle puisse être vécue et partagée par le plus grand nombre.
Pour y arriver, Greenpeace France a lancé le projet GreenVoice, une plateforme de pétitions 100 % gratuite pour faire advenir une écologie plus juste, plus inclusive, plus proche des territoires. En cinq ans, ce sont déjà plus de 900 pétitions lancées, plus de 2,5 millions de signatures et déjà 77 victoires. Ces chiffres illustrent une soif d’agir et démontrent que le recours à la pétition peut s’avérer puissant lorsque les espaces de concertation institutionnels se révèlent défaillants.
Rejoignez le mouvement. Ensemble, faisons avancer une écologie de solutions, de justice et d’espoir.
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Crédits photo :
© Jeronimo Acero / Greenpeace
© Greenpeace