Comment faire de l’affichage public ?

L’affichage sauvage est un moyen simple, visible et créatif de porter un message citoyen dans l’espace public.

Mais pour que cette action reste efficace et limiter les risques, il faut s’y préparer en amont.

Voici le guide complet pour organiser une opération d’affichage dans les règles de l’art, de la préparation à la communication post-action.

1. Le matériel indispensable

Avant de commencer, préparez le matériel nécessaire :

✅ de la colle à farine (faite maison)

✅ des affiches en quantité suffisante

✅ des balais-brosses et pinceaux épais pour appliquer la colle

✅ des seaux, bouteilles ou pots pour verser la colle

✅ des chiffons pour essuyer les mains et le matériel 

des vêtements salissants ou de pluie

⚠️ Pensez à conserver les tickets d’achat de votre matériel.

2. Recette de la colle à farine

Pour environ 5 litres de colle naturelle, il vous faut :

1,5 kg de farine blanche

5 litres d’eau froide

Une casserole

Un fouet

  1. Versez l’eau dans la casserole et faites chauffer à feu doux.
  2. Ajoutez progressivement la farine en mélangeant constamment pour éviter les grumeaux.
  3. Laissez épaissir jusqu’à obtenir une consistance homogène, proche d’une béchamel.
  4. Retirez du feu, laissez refroidir : la colle doit ressembler à une gelée visqueuse.
  5. Conservez-la dans un contenant fermé, au frais et au sec, et utilisez-la dans les 2 à 3 jours. Si elle est trop épaisse, ajoutez un peu d’eau et remuez avant utilisation.

    Astuce : 5 litres de colle ne suffisent pas pour plusieurs dizaines d’affiches. Multipliez les quantités si nécessaire.

 3. Pense-bête : le jour de la mobilisation

Avant de partir coller, vérifiez que vous avez tout sous la main :


✅papiers d’identité (carte nationale d’identité ou passeport)
✅ les affiches (emporter uniquement ce dont vous avez besoin)
✅ la colle prête
✅ les brosses et balais
✅ les seaux ou bouteilles de colle
✅ les chiffons
✅ des vêtements adaptés

Si vous n’avez jamais fait de collage, faites un essai avant le jour J pour tester la qualité de votre colle et votre technique.

4. Répartir les rôles pour plus d’efficacité

Le travail d’équipe est essentiel pour une action fluide et efficace :


👉 Deux à trois colleuses·eurs par groupe pour appliquer les affiches
👉 Une ou deux personnes pour rester en contact avec le public en cas de question, d’échange ou de difficulté éventuelles avec la police
👉 Un personne chargée de prendre des photos et vidéos
👉 Un personne communication, qui s’occupera de diffuser les images sur les réseaux après l’action
👉 Un référent·e médias, pour les éventuels contacts presse

Chacun son rôle : l’efficacité vient de la coordination !

 5. Où coller (et où éviter) ?

Lieux autorisés

Choisissez des lieux visibles, fréquentés et symboliques pour maximiser l’impact de votre message. N’hésitez pas à répéter l’action : les affiches sauvages sont souvent retirées rapidement.

Lieux non autorisés

Les espaces légaux d’affichage étant limités, certaines personnes ont parfois recours à ce qu’on appelle “l’affichage sauvage”, c’est-à-dire en dehors des lieux autorisés. Ceci afin de donner plus de visibilité à son message, de cibler un public spécifique ou tout simplement de se positionner dans des endroits plus fréquentés. Ce type d’action n’est pas légal et comprend un risque juridique qu’il convient d’avoir à l’esprit. Voici un rapide décryptage.

  • Lieux à risque légal faible : Certains endroits ne sont pas autorisés, mais comportent un niveau de risque plus faible, notamment les poteaux, les murs, les arbres ou le mobilier urbain tel que les palissades de chantier par exemple.
  • Lieux à risque légal fort : certains endroits comportent un niveau de risque très élevé, tout affichage y est fortement réprimé. C’est notamment le cas des monuments historiques, des lieux de culte et des bâtiments classés. Des panneaux électoraux et administratifs et des panneaux de signalisation. C’est aussi le cas des vitrines de magasins et des façades privées. Enfin des zones dangereuses (routes, hauteurs…).

    Si vous avez un doute, abstenez-vous. L’important est de rester respectueux des biens et des personnes.

6. Les risques juridiques

L’affichage dans des lieux ou sur des supports autorisés ne comprend pas de risque légal. La prise de risque commence dès lors que l’affichage se fait dans un lieu qui n’est pas autorisé. Il faut cependant distinguer entre deux types de risque juridique : 

  • La “dégradation légère” : Un affichage bien réalisé, avec une colle naturelle à base de farine (voir recette ci-dessus), présente peu de risques légaux si le support n’est pas abîmé. Le principal risque est une contravention pour dégradation légère (jusqu’à 1 500 € par personne et 7 500 € pour l’organisation). C’est la peine maximum encourue. Mais ce risque reste faible dans les faits si les affiches se décollent facilement et ne laissent pas de trace.

  • La “dégradation lourde” : Les délits de dégradation lourde constituent un risque beaucoup plus élevé (jusqu’à 75 000 € et 5 ans de prison). Ils ne concernent que les détériorations irréversibles.

Enfin, pour éviter tout problème, ne vous prenez pas en photo de face pendant l’action. Privilégiez des clichés de dos ou des mains en action.

Pour les personnes ayant besoin d’un **casier judiciaire vierge** (enseignants, fonctionnaires…), les risques liés à l’affichage sauvage ne posent généralement pas de problème, car il s’agit d’une infraction contre les biens, pas contre les personnes. Mais en cas de doute, demandez conseil ou sollicitez une non-inscription au casier en cas de condamnation (peu probable).

En cas d’interpellation :

  • Expliquer calmement le cadre dans lequel s’inscrit cette activité et préciser que vous avez pris toutes les précautions nécessaires pour que l’affiche ne détériore pas le mur (en indiquant que la colle est faite à la base de farine et donc facilement lavable) ;
  • Si malgré ces explications, la police demande l’arrêt, il faut cesser et coopérer car le risque est d’aller en garde à vue pour dégradation de bien en réunion.

 

7. Conseils photos et vidéos

Les images sont essentielles pour valoriser votre action, mais attention à ne pas compromettre la sécurité des participant·es. Préparez votre matériel à l’avance (batterie, stockage, objectif propre) et soignez la lumière et la stabilité. Filmez de préférence en format vertical, sur de courtes séquences dynamiques, et variez les angles.

Pour aller plus loin, consultez notre guide complet :

Filmer smartphone greenvoice

Et après ?

Une fois l’action terminée, partagez vos images et racontez votre expérience sur les réseaux GreenVoice. Chaque collage est une voix pour le climat, la justice sociale et la planète. Faites-le avec passion, créativité et respect : c’est ainsi que votre message marquera les esprits. C’est souvent un premier pas vers d’autres actions : rassemblements, interpellations d’élus, relais dans la presse…

Sécurité et responsabilité

GreenVoice ne s’engage en aucun cas à couvrir juridiquement ou financièrement les risques légaux associés à ce type de mobilisation.